Imaginez planter un arbre capable d’atteindre votre plafond en moins de temps qu’il n’en faut pour choisir la couleur du papier peint. Aujourd’hui, à Locmélar, une petite révolution verte a bel et bien pris racine : les frères Gueguen misent sur le paulownia, un arbre venue d’Asie qui fait tourner les têtes et aspire le carbone comme vous sirotiez une limonade en plein été !
Le secret de la croissance turbo : bienvenue chez les frères Gueguen
À Locmélar, à deux pas de Landivisiau dans le Finistère, Stéphane et Jérôme Gueguen se sont lancés dans une aventure digne des meilleurs romans écologiques : cultiver le paulownia sur une parcelle d’un hectare. Il y a un peu plus d’un an, ils ont planté ces arbres aux feuilles larges sur leurs terres avec l’ambition d’obtenir des résultats… et ils n’ont pas été déçus ! En seulement quatre mois, les arbres ont grimpé jusqu’à près de quatre mètres.
Sandrine Berkel, cofondatrice d’Arbre Paulownia, basée à Plougoulm et fournisseuse officielle des précieux plants, ne cache pas son enthousiasme : « Ce sont des pionniers », affirme-t-elle. Il faut dire que peu osaient miser sur cette variété avant eux, surtout au cœur de la Bretagne, réputée pour ses pluies… et son sens de l’innovation agricole.
Paulownia : l’arbre qui fait rougir le carbone (et pas que…)
Originaire d’Asie, le paulownia n’a pas usurpé sa réputation. C’est un véritable champion de l’absorption du CO2, jusqu’à dix fois plus efficace que nos arbres traditionnels. Sa croissance rapide fait rêver plus d’un agriculteur : en sept à dix ans, la cofondatrice d’Arbre Paulownia précise que ces végétaux atteignent facilement entre 12 et 15 mètres. Ce n’est pas tout ! Julien Kloesmeyer, également cofondateur, énumère ses multiples usages : bois pour tiny houses, planches de surf, meubles… Bref, le paulownia a plus d’un tour dans ses racines.
Sur la parcelle bretonne, c’est la variété Phoenix One®, non invasive, qui a été choisie. Capable de supporter des froids de -10 °C, elle s’adapte bien aux hivers du Finistère. Petite astuce de professionnels : pour stimuler la pousse, les frères ont coupé leurs arbres fin mai 2023, un geste contre-intuitif mais efficace, car depuis, les troncs se dressent vaillamment à près de quatre mètres du sol.
Une culture magique… qui demande du cœur à l’ouvrage
Si le paulownia grandit plus vite que le haricot de Jack, il n’est pas pour autant sans exigence. Les frères Gueguen racontent qu’au début, il fallait s’armer de patience, et d’arrosoirs. Environ deux litres d’eau par arbre, tous les deux jours, pendant les trois premiers mois. Sans parler de l’entretien : « Demande du temps », concèdent-ils, tandis que Sandrine Berkel nuance avec le sourire : « C’est un arbre magique, mais le cultiver demande quelques efforts ! »
L’automne venu, ces arbres, fiers de leur stature, laissent choir leurs larges feuilles. Un spectacle annoncé par les cultivateurs, mais rien d’anormal : la nature a toujours ses cycles.
Un nouvel eldorado agricole ?
Au niveau financier, l’histoire n’est pas en reste. Avec un investissement de moins de 5 000 € sur l’hectare, les perspectives réjouissent. Une fois la première coupe réalisée, il serait possible de dégager entre 60 000 et 80 000 € par hectare, selon le cofondateur. L’entreprise Arbre Paulownia va jusqu’à proposer des contrats de rachats avec prix garantis, mais que les esprits indépendants se rassurent : chacun peut aussi choisir de vendre son bois par ses propres moyens.
Le phénomène attise la curiosité partout en France. Une visite organisée le 14 septembre 2023 sur les terres des Gueguen a attiré des agriculteurs avertis, mais aussi des particuliers propriétaires de terrains, tous venus constater par eux-mêmes l’efficacité de ces super-arbres. Berkel et Kloesmeyer le disent sans détour : chaque semaine, les demandes affluent de personnes souhaitant acquérir du bois de paulownia. Un marché foisonnant n’attend plus que d’être structuré sur le territoire.
- Poussée fulgurante
- Absorption de CO2 exceptionnelle
- Multiples usages du bois
- Investissement raisonnable et espoirs de rendements élevés
Conclusion : Le paulownia, avec sa croissance impressionnante et ses atouts écologiques, a plus d’un argument pour séduire la France rurale comme les néo-jardiniers avertis. Que vous rêviez d’un jardin forestier ou d’un complément de revenu vert, surveillez ce nouvel allié : la révolution du carbone… se plante peut-être juste à côté de chez vous !

Passionnée par le fait-main depuis toujours, Cathy est la fondatrice de Créer soi-même, un blog où créativité rime avec simplicité. Couturière dans l’âme, bricoleuse curieuse et décoratrice du quotidien, elle partage ses idées DIY accessibles, ses tutoriels pas à pas, et son amour des petits détails qui font toute la différence. À travers ses articles, elle invite chacun à retrouver le plaisir de créer de ses propres mains, quel que soit son niveau.



