Ce que l’habitat du futur va vraiment changer dans nos vies, selon les experts

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Se loger dans le futur ? Oubliez les clichés de science-fiction avec des robots majordomes, la vraie révolution sera plus discrète… et bien plus profondément ancrée dans notre quotidien ! Décryptage, selon des experts qui façonnent déjà les contours de l’habitat de demain.

Des bâtiments qui respirent… et qui nous ressemblent

Exit le béton froid ! L’un des exemples marquants des transformations à venir, ce sont les grandes loggias d’angles de la tour Emblematik signée Castro et Denissof à Aubervilliers : véritables îlots de fraîcheur, ces espaces collectifs servent à la fois de jardins partagés et de régulateurs thermiques. Leur rôle est double : créer du lien et protéger les habitants des extrêmes climatiques. On n’a plus à choisir entre potager et confort en été, on aura les deux !

Parmi les grandes tendances, les architectes et ingénieurs interrogés lors des Rencontres 2049 (un doux rendez-vous prospectif orchestré par « l’Obs ») se sont rapidement accordés sur plusieurs points clés :

  • L’apparition de matériaux propres et renouvelables, à faible impact environnemental.
  • Des lieux modulables, pensés pour accueillir plusieurs générations et une palette d’activités aussi vaste que la to-do-list d’un quinquagénaire moderne.
  • L’intégration d’appareils intelligents pour améliorer à la fois la gestion de l’espace, l’énergie et le confort.

Et si, dans trente ans, acheter un appartement consistait à signer un contrat de propriété à durée limitée, dont on agence les pièces à la carte, dans un immeuble regorgeant d’espaces partagés comme la laverie, la salle de sport… et un thermostatique autonome, le tout bâti dans un matériaux qui s’autorégule ? Certains y croient dur comme fer, à commencer par ceux qui innovent dès aujourd’hui.

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Matériaux nouvelle génération : le bois armé au secours de la planète

L’avenir du bâtiment serait-il caché dans la forêt ? Timothée Boitouzet, ingénieur et chimiste à la tête de Woodoo, a mis au point un bois d’un nouveau genre. Le principe : on extrait la lignine du bois, qui fait office de colle naturelle, et on la remplace par un polymère extra-puissant. Résultat : un bois aussi résistant que le béton — sans l’empreinte carbone qui va avec, puisqu’elle est trois fois moindre ! Aujourd’hui confiné aux intérieurs de voiture, ce « bois armé » pourrait devenir le matériau chouchou des gratte-ciel de demain, et offrir à nos descendants une planète un peu moins gourmande en sable et en eau.

Habitat intelligent, aussi flexible que notre vie…

Plus besoin de suer à devoir négocier avec son radiateur d’immeuble : Frédéric Potter (Netatmo) table sur l’avènement des objets connectés et de l’internet des objets pour doper l’efficacité énergétique et le confort. Un impératif écologique, puisque 40 % des émissions de gaz à effet de serre proviennent du chauffage des bâtiments ! Plus question d’ouvrir la fenêtre comme unique parade à la chaleur…

À ces transformations s’ajoutent celles dictées par nos vies plus longues, nos recompositions familiales en série et notre goût pour l’autonomie. Guillaume Pasquier, de La Française, propose la « flexi-propriété » : acheter un bien neuf 30 à 40 % moins cher, mais seulement pour cinquante ans maximum. Un système à durée déterminée où l’on reste libre d’habiter, louer ou vendre ce bien, avec la certitude, si besoin, d’être racheté par la foncière à un prix convenu. La gestion du logement, c’est comme Netflix : avec abonnement, sur mesure et sans engagement éternel !

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Benjamin Aubry, architecte urbaniste et fondateur de la start-up Iudo, préfère lui miser sur « l’autopromotion immobilière » pour faire cohabiter les générations. Quand les enfants filent du nid parental, plus de la moitié des propriétaires de pavillons (ayant plus de 55 ans) peuvent ainsi transformer ces chambres vides en colocations, chambres d’étudiants, ou même petits appartements. Son ambition ? Densifier les zones pavillonnaires sans toucher au charme ancien, tout en évitant de croquer sur les terres aux abords des villes. Un retour bien pensé à des faubourgs collaboratifs, où se croisent activités… et générations !

Et le logement, une mini société… sans garage obligatoire !

En 2049, ce qui fera la différence, c’est qu’on attendra de son logement autant que d’un quartier entier : se reposer, rencontrer, travailler, tout cela dans un même espace. Pour Sophie Delhay, l’appartement peut même être « pensé comme une petite société », où chaque pièce peut changer d’usage au gré des envies. Son astuce : des séquences de pièces de 14 m² communicantes ou non, à usage décidé par l’habitant. Mention spéciale à ce père qui a déplacé son salon pour créer un lieu unique avec sa fille lors de ses visites – rester ensemble, tout en restant chez soi. Dommage pour la voiture, grande perdante de ces nouveaux usages : selon Delhay, concevoir un immeuble à partir de la taille d’un parking, c’est mal commencer !

Transgressif, tout ça ? Pour Patrick Bouchain, c’est LA condition pour avancer, dans un secteur où la société tarde souvent à s’aligner sur les idées avant-gardistes des urbanistes. L’architecte-scénographe insiste : une ville heureuse doit d’abord loger et nourrir tout le monde, sans exclure sa population ouvrière. Le défi numéro un de 2049 ? Réinventer le logement social, le rendre plus accessible à la propriété… et avant toute extension, envisager de « réparer, entretenir, accompagner ».

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En somme, l’habitat du futur sera aussi modulable, vert et collaboratif que nos vies l’exigent. Reste à voir si la société saura suivre le rythme… à moins d’oser, comme le rappellent ces experts, une bonne dose de transgression habilement architecturée !

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